L'histoire de l'Aïkido


L’histoire de l’Aïkido se confond avec celle de son fondateur Morihei Ueshiba. Morihei Ueshiba est né à Tanabe, une petite ville à une centaine de kilomètres d’Osaka en décembre 1883. Dès son plus jeune âge, il montre un très grand intérêt dans la philosophie et la notion de spiritualité et commence à étudier le Boudhisme-Zen dès 10 ans. C’est à ce moment-là qu’il s’est intéressé aux arts martiaux japonais. A l’âge de 12 ans, il assiste impuissant au passage à tabac de son père par des opposants politiques. Cette expérience tragique ne fit qu’augmenter son désir d’étudier et de pratiquer les arts martiaux. Durant son apprentissage, Morihei Ueshiba étudia avec plusieurs professeurs.

L’un d’eux fût le maître d’épée Jujutsu Masakatsu Nakai dont les mouvements de mains et de pieds seront développés plus tard et serviront d’inspiration pour la création de l’Aikido. Ueshiba finit son service militaire en 1910 et décide d’aller vivre à Hokkaido dans la province nord du Japon où il s’établit comme fermier. Soumis à la rudesse du dur climat du nord et rompu aux lourdes taches physiques imposées par son activité, il développa une force physique extraordinaire. C’est également à Hokkaido qu’il rencontra Sokaku Takeda un des plus grands et plus puissants maîtres d’arts martiaux de cette époque. C’est à son contact, qu’Ueshiba étudia le Daito-ryo Jujutsu, un art martial autant traditionnel qu’ancestral dont les origines remontent au 9ème siècle de notre ère.

L’Aïkido peut servir de moyen pour se réaliser ; avoir comme but personnel la réalisation d’un Soi spirituel.

M.Ueshiba Les fondements de l'aïkido

En 1918, Ueshiba reçoit un télégramme l’informant de la gravité de l’état de santé de son père. Il quitte alors Hokkaido pour se rendre à son chevet. Au cours de ce voyage il entend parler d’un guide spirituel du nom de Deguchi qui a fondé une nouvelle religion shinto, l’Omote-kyo. Ueshiba décide alors de demander à Degushi son aide pour soigner son père. Cette rencontre pleine de sagesse et de spiralité aura un impact retentissant sur Ueshiba et sera le point de départ d’un grand changement dans sa vie. En effet, Ueshiba se tourne alors vers une pratique de plus en plus intense de la spiritualité et emmène même sa famille avec lui chez Degushi pour que tous ses membres profitent de son enseignement.

C’est ainsi qu’il apprend une méthode de méditation appelée Chinkon Kishin qui dérive de l’ancienne religion Shinto et qui peut être comparée aux pratiques tantriques tibétaines ou encore à la pratique de la visualisation dans la religion Hindu. Il s’agit d’une méthode d’apaisement de l’esprit basée sur le principe divin dont le but est d’atteindre un équilibre entre les énergies du corps et de l’esprit. Chaque matin, avant tout entraînement, Ueshiba pratique le Chinton-Kishin dont la pratique ressemble aux exercices rituels de purification appelés Misogi. Des ablutions externes avec de l’eau froide et des séquences spécifiques de respiration permettent de purifier le système organique et d’amener l’esprit à son état d’éveil et de conscience.


Morihei Ueshiba

La doctrine principale d’Omote-ryo dérive de Kotodam, la science du son et de l’esprit. Cette science fait référence au système tantrique de Sphota Wada dans l’Inde ancienne qui a été introduite au Japon vers le 9ème sciècle sous le nom Shingon, « le vrai son ».

Le mot le plus noble en sanskrit, Shabda Brahman, peut se traduire par « le cœur de la création ». Une doctrine chrétienne énonce : Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu et le Verbe était Dieu (Jac.Chapitre.1). Cette parole la plus élevée, ce son le plus haut donne naissance à cinquante sons purs qui forment les cinquante lettres de l'alphabet sanskrit. Ces sonorités sont liées à certaines vibrations ou énergies que l'on dit être le début de la création et peuvent être vécues comme un son, une couleur et une forme.

Ainsi, l'essence de l'aïkido se compose de Misogi et l'expérience intérieure par la science de Kotodama. Morihei Ueshiba éprouvera une expérience intérieure en 1925 qui lui fera prendre conscience des principes fondamentaux qu’il avait acquis. Un officier de la Marine demanda à être admis à la formation d’Ueshiba mais celui-ci refusa. Enragé par cet affront, l’officier tire son épée et attaque furieusement Ueshiba. Il n’est cependant pas en mesure de le frapper. Ueshiba qui sent les mouvements à l’avance évite les touches par de simples mouvements de côté. Peu de temps après Ueshiba connait l’illumination. Il fait l'expérience de l'unité avec l'énergie universelle et apprend que le vrai Budo est une expression de l’harmonie protégeant tous les êtres vivants. Cette expérience d’illumination a un effet révolutionnaire sur sa vie et confère une nouvelle dimension à ses études.

En 1927 Ueshiba s’installe à Tokyo où il ouvre une école d’aïkido grande de 80 tatamis, le Kobukan. Des élèves prestigieux dont les membres de la famille royale japonaise suivent son enseignement . Le Kobukan Dojo sera le centre d’Aïkijitsu Daito-ryo d’Ueshiba pendant 11 ans.

A la fin des années 30, le fondateur renommera son art Aïki-Budo. Après l’entrée du Japon dans la deuxième guerre mondiale, de plus en plus de militaires vinrent au Dojo. Se sentant de plus en plus restreint à la suite de plusieurs affaires politiques, Ueshiba décide de léguer son Dojo de Tokyo à son fils et de partir construire lui-même un nouveau Dojo à Iwama.

Le sanctuaire de l’Aiki d’une taille modeste de 40 tatamis a été construit seulement pour un groupe restreint d’élèves. En 1942, le nom d’Aïkido est officiellement annoncé comme étant le résultat d’une réorganisation des arts matriaux japonais dans le cadre du Dai-Nihon-Butokukai. Ueshiba expliquera plus tard qu’il perfectionna l’Aïkido moderne dans les années 1942 à 1949 et que plusieurs de ses anciens élèves ont été étonnés de voir les changements dans les mouvements par rapport à ce qu’ils avaient connus après la guerre. Dans les années 50, Ueshiba voyage à travers le Japon pour développer son art. En 1961, il ouvre le Dojo Aïkikai d’Honolulu sur l’île d’Hawaii, le premier Dojo en dehors du Japon.

Ueshiba passera les dernières années de sa vie entre Tokyo et Iwama, enseignant constamment jusqu’en 1969. Un examen médical lui diagnostiqua un cancer du foie et il mourra en Avril 1969.
Pour faire l’expérience de l’essence de l’Aïkido, il demeure inévitable de maîtriser l’esprit et l’amener à un niveau élevé de concentration. Dans le bouddhisme-zen japonais, le mot « Nen » décrit un esprit qui a la capacité de se concentrer sur un objet sans distraction. Selon Maître Ueshiba, le corps est une manifestation de l’esprit qui a été créé par l’Univers. Le facteur de rattachement, la connexion entre le corps et l’esprit est le souffle qui est la plus pure, la plus belle essence physique. Afin de contrôler l’esprit, il faut avant tout contrôler la respiration.

Avec la capacité de produire le « Nen », l’esprit devient clair comme un miroir et l’esprit gagne la capacité de refléter tous les objets et principes de l’Univers et de contrôler ainsi le Ki. Seul « Nen » a le pouvoir de contrôler le corps et l’esprit. C’est l’hypothèse de « Nen » que Ô sensei utilisait pour expliquer les prouesses réalisées par l’Aïkido. Encore et encore, il fait la démonstration à ses élèves du Ki dans le but de les encourager à développer leur propre personnalité et de réaliser la même expérience universelle que lui.

L’Aïkido peut être divisé en trois étapes. La première étape sont les mouvements physiques ; les techniques d’Aïkido appelées « Waza » ont pour but de nettoyer le corps et l’esprit. La deuxième étape est la maîtrise de la respiration appelée « Kokyo ». La troisième étape est « Misogi », dont la principale vertu est la purification du corps et de l’esprit. Les simples techniques physiques sont limitées au corps seulement. Pour parvenir à un développement de l’esprit, la pratique de la méditation est inévitable. Un pratiquant d’Aïkido qui souhaite réellement étudier l’essence de l’Aïkido doit maîtriser les trois étapes de cet Art. Sans méditation il sera impossible d’atteindre l’expérience universelle ; ainsi parlait Ô Sensei.

Utilisant les mots du Fondateur, on peut définir cet Art Martial comme l’entrainement d’une puissance qui repose à l’intérieur de chacun. Cette puissance doit être développée et sera ensuite utilisée pour absorber la puissance des autres sans utiliser d’agressivité. Le vrai Budo apporte un ordre dans les énergies universelles qui protègent la paix et permet l’expression de l’amour universel.



Morihei Ueshiba Senseï - 14 décembre 1883 - 26 avril 1969 - fondateur de l’aïkido.


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